Nées à l'étranger pour la plupart, souvent même issues de dynasties rivales, les princesses qui deviennent reines de France renoncent à une part d'elles-mêmes. Non par choix, non par sentiment – par devoir. En entrant dans leur nouvelle famille, elles passent d'une fidélité à une autre et sont le gage de traités qui, en général, seront bientôt enfreints. Position peu confortable, qui impose de trouver sa place au milieu des méfiances, des intrigues et d'intérêts contradictoires. Mais aussi position incomparable. La reine, en France, est le deuxième personnage du royaume. Elle incarne la monarchie au côté de son mari ou en tant que régente ; elle contribue à sa geste ; et, plus que tout cela, elle est comptable de son avenir en devenant mère. C'est là sa responsabilité principale. Impérieuse, irrécusable et, bien souvent, écrasante.
De cette situation ambivalente par essence, les épouses des rois capétiens ont donné, en plus de huit siècles, des traductions très différentes. Effacé…