Fragonard comme vous le l’avez jamais vu

Aspirations, œuvres, polémiques… Découvrez les secrets de l’un des peintres français les plus emblématiques du 18e siècle.

Un employeur bienveillant

En 1738, Jean-Honoré Fragonard - ou « Frago » comme il aime se faire appeler - et ses parents quittent Grasse pour Paris. Il est alors âgé de six ans. À 13 ans, il est engagé comme clerc de notaire. Passionné par la peinture, il réalise plusieurs toiles pendant son temps libre. Son employeur ne tarde pas à le découvrir et, conscient du talent du jeune homme, le pousse à devenir peintre apprenti. Sa route croise celle de Jean Siméon Chardin - reconnu par ses pairs pour la qualité de ses natures mortes -, puis celle de François Boucher. L’artiste devient rapidement son mentor.

Un succès quasi immédiat

En 1752, François Boucher inscrit le jeune Fragonard - alors âgé de 20 ans - au prestigieux Grand prix de Peinture de l'Académie royale. Il remporte le concours avec son magnifique tableau classique « Jéroboam sacrifiant aux idoles ». Par la suite, il suit les cours de l'École royale des élèves protégés durant trois années avant de parfaire son éducation artistique à l'Académie de France à Rome en 1756. À chaque fois, le talent et la finesse de Fragonard dans la peinture d’histoire impressionnent. L’artiste ne l’entend pas de cette oreille et décide, subitement, de changer de registre.

Un goût prononcé pour la frivolité

Défenseur du libertinage et roi de la provocation, Fragonard prend un malin plaisir à choquer le public. Ou plutôt à le déstabiliser. À une époque où l’amour galant semble perdre du terrain au profit d’un jeu de séduction très explicite, l’artiste dévoile des tableaux « coquins » avec de nombreux niveaux de lecture. C’est le cas notamment de l’œuvre « La résistance inutile ». Les analyses sont multiples - est-ce une scène d’amour non consentie ? - et le malaise est à chaque fois bel et bien présent. L’absence totale d’explication concise de Fragonard renforce ce mal-être.

Où découvrir les œuvres de Fragonard ?

Jusqu’au 24 janvier 2016, l’exposition temporaire « Fragonard Amoureux » dévoilent les toiles les plus célèbres de l’artiste au musée du Luxembourg. Pour les retardataires, il est possible d’admirer certaines œuvres du peintre français au Louvre. C’est le cas du tableau « Le verrou », sublime huile sur toile de 74 x 94 cm réalisée en 1777 et acquise par le célèbre musée parisien en 1974.

Et le mythique parfumeur dans tout ça ?

Si pour vous le nom de Fragonard évoque l’incontournable parfumerie créée en 1926, sachez que Jean-Honoré Fragonard ne s’est pas reconverti dans la réalisation de fragrances. Ni aucun membre de sa famille, proche ou lointaine. En revanche, le fondateur de Fragonard, Eugène Fuchs, a tenu à rendre un hommage à la ville qui l’a accueilli avec sa famille, Grasse. La fierté locale, Jean-Honoré Fragonard, est ainsi choisie.

Crédit photo : « L’instant désiré » du peintre Fragonard / © collection George Ortiz / photo Maurice Aeschimann