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Interview : On a posé des questions à une photographe culinaire

Voici les conseils d'une professionnelle pour savoir bien photographier son repas !

Sandra Mahut est photographe culinaire. Chaque mois, c'est elle qui réalise les photos de la couverture du magazine aux petits oignons. Dans cette interview, elle nous livre ses secrets pour des photos food réussies !

 

Comment avez-vous découvert ce métier ?

Pendant mes études, j’étais passionnée par la photographie. J’ai voulu faire l’école de photographie d’Arles, mais j’ai échoué à l’examen. Je me suis alors orientée vers un cursus image, spectacles et audiovisuel à l’université de Montpellier. J’étais vraiment convaincue que je voulais travailler dans l’image, mais je ne savais pas encore par quel biais y arriver. Et par hasard, j’ai trouvé assez rapidement un emploi chez Canal + en tant qu’assistante de production. J’ai donc délaissé la photographie. Paradoxalement, je me suis éloignée de l’image en étant dans le milieu audiovisuel. Puis à 30 ans, je me suis retrouvée au chômage et je me suis mise à cuisiner et à aimer les petits objets. Une amie m’a alors parlé du travail de styliste culinaire, qui consiste à cuisiner de beaux plats pour ensuite les photographier, et j’ai eu une révélation, c’est ce que je voulais faire ! C’était en 2003. Depuis, je n’ai jamais arrêté.

 

Depuis le début du magazine Aux petits oignons, c’est vous qui faite la photographie de couverture : comment la créez-vous ?

Avec la rédactrice en chef, on est passionnées de cuisine. On réfléchit ensemble à une idée, on la développe. tous les mois, c’est un challenge pour elle et moi, mais quand le magazine sort, on est ravies, c’est un très beau magazine.

 

Combien de temps passez-vous à créer une photo de couverture ?

Quand on connaît les recettes qu’on va devoir mettre en scène, l’inconscient travaille déjà. J’ai l’impression d’avoir déjà l’image en tête. Mais il y a des contraintes : un titre, des mots à caler sur la photo… Donc j’y réfléchis à l’avance, et le jour J je mets assez vite un décor en place. C’est la maturation de l’idée qui se fait lentement. Au studio, j’ai énormément d’objets, de propositions, de types de tissus, de bois, d’assiettes, ce qui facilite l’exécution.

 

Interview : On a posé des questions à une photographe culinaire

Vous trouvez toujours les produits dont vous avez besoin ?

On doit toujours réaliser la couverture en amont de la publication, alors parfois c’est un peu difficile de trouver des cerises au mois de mars, mais on y arrive ! Ce qui est fondamental c’est surtout d’avoir un beau produit : je ne cuisine pas tellement pour le goût puisque c’est une photo, mais il faut que ce soit appétissant, qu’il y ait une texture, des couleurs.

 

Vous êtes un peu un artiste peignant une nature morte…

Oui, on compose une image. Tel fruit, tel légume n’est pas là par hasard. Je travaille en lumière latérale, ce qui veut dire que si je mets les éléments clairs côté lumière, ils vont être surexposés ; si je les mets à l’opposé, ils vont prendre davantage la lumière. C’est comme un travail de peinture.

 

Peut-on reconnaître le travail d’un styliste culinaire d’après une photo ?

Oui, quand on connaît le travail des uns et des autres… il y a des « touches », comme on dit. Mais il y a surtout des modes : en ce moment, c’est la vue très chargée, avec beaucoup d’éléments de décoration visibles, comme les ciseaux à côté des herbes aromatiques, la bouteille d’huile d’olive, des matières brutes. il faut que ça ait l’air d’avoir été pris à l’improviste, en instantané ! À l’inverse, quand j’ai commencé, il y avait une tendance minimaliste, avec peu de nourriture dans l’assiette.

Quels ingrédients préférez-vous photographier ?

J’aime photographier ce qui est rouge et coloré. Les aliments ternes sont plus difficiles à mettre en beauté. Dans ce cas, je compense par le décor, avec de la vaisselle, des graines de courge, du poivre, etc.

 

C’est quoi, une photographie culinaire réussie ?

Une photographie gourmande : quand on me dit que la photo donne envie de manger le plat, c’est que j’ai réussi !

 

Quel est le plat que vous préférez cuisiner ?

J’aime cuisiner japonais. Je peux passer beaucoup de temps à préparer des petits flans, des makis…

 

Vous venez également de participer à un livre sur les spécialités corses ?

Oui, j’étais uniquement photographe. J’ai travaillé six mois sur cet ouvrage, j’ai pris les photos des producteurs, produits, paysages, en suivant les recettes qui m’avaient été données. J’ai été très sensible à l’accueil des producteurs, pêcheurs et vignerons locaux, passionnés et amoureux de leur terre. Ces rencontres ont vraiment nourri mes photographies.