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Zoom sur le pantalon, une pièce interdite aux femmes jusqu'en 2013

Les hommes, les femmes… de nos jours, tout le monde porte des pantalons. Cela n’étonne personne. Pourtant, il y a quelques années encore, ce vêtement était strictement réservé à la gent masculine. Une loi l’interdisait même aux Françaises jusqu’en 2013. Après une longue lutte, les femmes portent désormais davantage le pantalon que la jupe ou encore la robe. Retour sur l’histoire hautement symbolique du pantalon.

Par peur de non-différenciation des sexes ou pour empêcher leur activité politique, l’État français interdit aux femmes le port du pantalon par l’intermédiaire d’une loi. Le 7 novembre 1800 (soit quelques années après la Révolution française de 1789), une ordonnance de la Préfecture de police de la ville de Paris vient compléter et rendre obligatoire l’ordonnance du 16 brumaire an IX. Celle-ci interdit alors aux femmes de se travestir en homme, de se faire passer comme tel et ainsi pratiquer des métiers dits « d’hommes » afin d’obtenir un meilleur salaire. La loi est assouplie en 1892 et 1909. L’ordonnance stipule désormais que les femmes faisant du vélo ou de l’équitation peuvent porter, dans le cadre de ces activités strictes, un pantalon. Et aussi fou que cela puisse paraître, c’est seulement depuis le 31 janvier 2013 que cette loi est abrogée. Depuis, les femmes ont réellement le droit de porter des pantalons. Mais celles-ci n’ont pas attendu le XXIème siècle pour se l’autoriser.

La lutte active des femmes

Au XIXème siècle, George Sand, romancière, est la première femme à s’expliquer sur le port du pantalon par les femmes en France. Elle développe le fait que s’habiller d’un pantalon la nuit permettrait aux femmes d’éviter certaines agressions. Une inégalité est créée : la femme porte une jupe (ou une robe), qui est un vêtement ouvert, tandis que l’homme, lui, porte un pantalon, vêtement fermé. Comprenez que le port du pantalon permettrait aux femmes de pouvoir parcourir le monde sans avoir affaire à des regards indiscrets !

En 1965, France Gall interprète « Nous ne sommes pas des Anges », une chanson écrite par Serge Gainsbourg. « Les garçons embrassent les filles en pantalon. Nous, les filles, nous aimons les garçons avec les cheveux longs ». Les temps changent. A travers ces paroles, nous relevons que la différenciation des sexes ne fait plus peur.

En mai 66, les femmes revendiquent la mixité. Le pantalon devient leur symbole « politique ». Le symbole à la fois de la libération des corps, des droits et des mœurs, d’une femme active et libre. Celle-ci accède à des études plus longues et n’est plus forcément « femme au foyer ». Elle ne veut plus continuer à porter de longues robes trainant au sol ou encore des corsets. Intervient alors : le costume pour femmes. Le pantalon devient désormais un vêtement féminin. Les créateurs travaillent ainsi avec de nouveaux patrons et s’amusent à créer de grandes nouveautés pour les femmes. Désormais, l’habit n’est plus seulement un code social mais aussi une façon de mettre en valeur la silhouette.

La mode du pantalon pour les femmes

Plutôt stricte sur la définition du chic, Gabrielle Chanel n’appréciait pas le fait de voir des femmes porter des pantalons. Dans une interview accordée à Inter-Actualités en 1970, la célèbre créatrice s’explique sur le sujet : « Se promener dans les rues en monsieur, je ne comprends pas ce que ça veut dire. Une femme ne fait jamais un bel homme ». Elle continue en qualifiant ceci de « très laid » et en profite également pour appeler à la suppression de cette mode pour les Français. Des idées tranchées qu’ont su contrer de nombreux créateurs, qui eux, n’ont eu pas peur d’intégrer pleinement le pantalon à leurs collections.
 
La mode a aidé à favoriser le port du pantalon par les femmes. A la fin des années 20, les pantalons larges sont portés pour aller à la plage. Il faudra ensuite attendre les années 60 pour que le pantalon devienne réellement féminin et fasse son apparition au sein des collections de créateurs de prêt-à-porter et haute-couture, à l’image d’André Courrèges (promoteur du pantalon) ou encore Yves Saint Laurent (promoteur du costume). D’ailleurs, ce dernier avait pour habitude de faire régulièrement référence à George Sand lorsqu’il commentait ses défilés. Hedi Slimane, l’un des successeurs d’Yves Saint Laurent à la tête de la direction artistique de la maison (de 2012 à 2016), a quant à lui su rester en accord avec le célèbre couturier. Il a fait du pantalon, le symbole du chic et de la sensualité féminine.